Le Fétichiste

Lentement lorsque la lumière s’éteint,
Il s’immisce incertain, guidé par son démon,
Dans la douce étoffe qui a couvert Ses monts;
Seul, travestissant son âme aveugle, il s’étreint.

Et ce corps que la Nature lui a donné
Ne suffit plus à sa passion dévorante
Il lui faut à présent -après autant d'années !-
Vampiriser d'autres vies, plus attrayantes.

Alors, il va, sans un regard pour sa victime
Plante un croc dans son sein, la plongeant dans l'abîme,
Et profitant, hagard, de la froide peau lisse.

La Lune éclaire les méfaits contre nature
De ce fétichiste, fuyant à vive allure
De peur qu'elle ne soit taxée d'être complice.

[Retour]
© CÉNA – Claude-Étienne Armingaud – 2002